Archives de l’auteur : Sylvie Progin

Egalité entre les femmes et les hommes

Malgré le consensus qui entoure la question de l’égalité entre les femmes et les hommes depuis quelques années, force est de constater que les progrès sont extrêmement lents, voire inexistants dans certains domaines.

Plafond de verre, inégalités salariales, travail à temps partiel, représentativité politique, présence dans les médias : tous ces thèmes doivent être inlassablement repris avec des propositions concrètes et des objectifs chiffrés.

Prenons par exemple la conciliation vie familiale et professionnelle : ce qui perçu comme un progrès perpétue aussi l’idée que ce sont les femmes qui travaillent à temps partiel, qui suspendent leur carrière, etc. A mon avis, seul un vrai congé parental, partagé entre le père et la mère et d’une durée suffisante, permettrait aux femmes de ne pas avoir à supporter seules les conséquences professionnelles induites par le fait de fonder une famille.

Il faut aussi que nous nous préoccupions urgemment de la question des caisses de pension ; à cause de leurs carrières débutées tardivement, interrompues, de leurs jobs à temps partiel pour s’occuper des enfants, les retraites des femmes sont très inférieures à celle des hommes. Et c’est un réel problème, particulièrement pour les femmes divorcées qui vivent seules.

Pour atteindre nos objectifs, il faut que nous, les femmes, soyons présentes dans tous les cercles du pouvoir, économique et politique, là où se prennent les décisions.

Fusion de communes

Au 1er janvier 2017, le canton de Vaud compte encore 309 communes. S’il est vrai que 25 projets concernant 98 communes ont aboutis ces douze dernières années, on constate maintenant l’essoufflement d’un processus qu’il s’agit de relancer.

Car les fusions seront inéluctables, ne serait-ce déjà que pour respecter le débat démocratique. Les communes se partagent de multiples tâches au sein d’associations de tous genres qui sont mises en place pour respecter les obligations légales que les plus petites ne peuvent assumer seules. Ecoles, STEP, SDIS, police, accueil de jour des enfants, etc., tous ces thèmes ne peuvent plus être débattus par les législatifs communaux de chacune des communes. La fusion permet de redonner un essor aux exécutifs communaux, qui peuvent s’appuyer sur un pouvoir législatif mieux structuré.

Ensuite, en mettant en commun leurs ressources, les communes peuvent réellement améliorer les services à la population. Horaires d’ouverture de l’administration élargis, regroupement des compétences et des moyens pour les mettre à disposition d’une région plus importante, tout ceci permet d’améliorer les prestations que peuvent fournir les communes.

Sur le plan financier, fusionner signifie aussi augmenter sa capacité à financer des projets plus importants par ses propres moyens et de manière autonome.

Au final, fusionner signifie s’adapter aux dimensions de la société actuelle, dans l’idée d’un développement harmonieux tant sur le plan humain qu’économique.

 

 

 

Soutien aux familles monoparentales

Sur  les quelques 122’000 ménages avec enfant(s) vivant dans le canton de Vaud, près de 20% sont constitués d’un seul parent avec ses enfants.  Les femmes sont plus touchées que les hommes par ce phénomène et elles sont souvent très isolées face aux problèmes qu’elles rencontrent. Difficulté d’organisation, garde des enfants et problèmes financiers s’ajoutent souvent au stress de la rupture.
En outre, l’augmentation du taux d’activité du parent en charge des enfants n’est la plupart du temps pas une bonne solution car il implique une augmentation des frais de garde des enfants, et souvent aussi une diminution des aides.
La problématique est évidemment connue, mais les mesures concrètes pour aider ces familles sont encore rares. Voici une proposition que je souhaiterais faire :
lorsque les revenus des deux conjoints – après divorce – ne permettent pas de couvrir les besoins des deux ménages, une aide temporaire, par exemple sous la forme d’allocations familiales augmentées, pourrait être octroyée au parent gardien, préservant ainsi le minimum vital de l’autre parent.

Conditions de travail des professionnels du domaine culturel

Dans notre canton – contrairement à d’autres – les mesures de formation continue pour les artistes ne sont pas reconnues par les ORP et donc pas financées. Pourtant, il devrait être possible de créer un fonds pour la formation continue, un peu sur le modèle de la Fonpro (Fondation cantonale pour la formation professionnelle) par exemple, et permettre ainsi aux artistes des transitions professionnelles lorsque c’est nécessaire. L’accès à la formation continue devrait en outre être possible que les ces personnes soient salariés ou indépendants.

La situation professionnelle des artistes est le plus souvent atypique. Des solutions plus souples sont encore à imaginer en ce qui concerne les régimes fiscaux ou les plans de retraites notamment. Pour les plans de retraites des artistes indépendants par exemple, le canton pourrait suivre les recommandations de l’union des villes suisses en versant un pourcentage de sa contribution directement à la caisse de retraite.

Enfin, l’attribution de subventions aux projets artistiques devrait être conditionnée au respect des conditions de travail des artistes, dont une contribution aux caisses de pension dès le premier jour de travail.

Soutien aux proches aidants

Dans le canton de Vaud, on estime que 13% de la population de plus de 15 ans fournit de l’aide une ou plusieurs fois par semaine à des personnes qui ont des problèmes de santé ou sont âgées. Et près d’une personne sur trois de plus de 85 ans est soutenue par un proche.

Mais accompagner une personne à domicile, notamment quand la situation est lourde, nécessite parfois de diminuer son activité professionnelle, souvent de trouver des aménagements avec son travail et/ou sa vie de famille. D’autres proches-aidants sont plus âgés et parfois limités dans l’aide qu’ils peuvent apporter.

Une reconnaissance juridique du statut de proches-aidants, une amélioration des aides financières ou logistiques à disposition des ces personnes et des associations concernées permettraient de valoriser ce soutien d’intérêt public. La sensibilisation des milieux économiques à cette problématique devrait  permettre aussi d’obtenir des possibilités de congés, des horaires flexibles temporaires, etc.

Enfin, pour soulager quelque peu les proches-aidants qui sont eux-mêmes déjà âgés, des structures d’accueil temporaires devraient être développées.

Participation culturelle

Dans son message culture 2016 – 2020, le Conseil fédéral a définit la participation culturelle comme un continuum qui englobe à la fois la pratique artistique active, la participation interactive et la réception par le public. Dans ce contexte, renforcer la participation culturelle revient à prendre en considération l’ensemble de la population et à favoriser le vivre ensemble dans une société toujours plus diversifiée.

Il s’agit de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à la culture, de s’y confronter ou d’y participer, quelque soit le niveau de formation, de revenu ou l’origine sociale.

Evaluation des programmes politiques

Les évaluations des politiques publiques sont un complément indispensable au processus du contrôle de gestion et permettent d’apprécier si l’action politique et administrative réalise bien les objectifs fixés par le législateur du point de vue non seulement financier et économique, mais aussi social, culturel, environnemental, etc.

Or, malgré l’introduction dans des projets de lois d’articles prévoyant une évaluation au terme d’une période plus ou moins longue, aucune systématique n’a été introduite pour savoir sur quelles problématiques un tel processus est obligatoire, ni comment réaliser ces évaluations, et ni surtout pour en assurer le suivi et en informer le Grand Conseil.

Lors du dépôt de mon postulat sur ce sujet en 2012, la chancellerie a reconnu que ces questions n’étaient pas réglées et qu’elle a elle-même prévu de charger l’IDHEAP de lui fournir une méthode la plus simple et efficace possible pour évaluer en 2017 de manière plus méthodique le prochain programme de législature.

Texte de mon postulat de 2012 et rapport de la Commission
(
le postulat n’a pas encore été traité en séance du GC)

Je me réjouirais de pouvoir ré-aborder ce sujet.

Conditions d’accès à la formation

Le canton de Vaud a réalisé un effort important pour les familles durant cette dernière législature : augmentation de son financement pour l’accueil de jour des enfants, progression des allocations familiales pour les enfants et les jeunes en formation, etc.

Cependant la sortie de l’école obligatoire et l’entrée en apprentissage ou en formation reste une étape extrêmement coûteuse pour les jeunes et leurs parents :

  • introduction de frais de d’admission, d’études, d’examen,
  • frais de matériel selon les filières, frais d’infrastructure (ordinateur, imprimante, etc.),
  • les frais de transports ne sont plus pris en charge,
  • les primes d’assurances maladie triplent dès 18 ans,
  • et selon les études envisagées, il faut parfois aussi prévoir des frais de logement.

De plus, tous ces frais ne sont pas déductibles pour les parents qui les assument, puisque dès l’année de ses 18 ans, le jeune est considéré comme un sujet fiscal indépendant. Ceci peut rapidement conduire à des situations qui risquent de freiner l’envie de s’engager dans de longues études.

Quant à l’office cantonal des bourses, faute d’effectif il n’est pas en mesure de traiter suffisamment rapidement les demandes, laissant parfois les étudiants dans des conditions très difficiles.

Renforcer le soutien aux études et donner plus de moyens à l’office des bourses est l’un de mes objectifs pour la prochaine législature.

 

 

 

RIE III : pas sur notre dos

(lettre parue dans le 24 Heures du 6 février 2017)

La réforme de l’imposition des entreprises, un sujet compliqué, technique, et comme d’habitude  on nous joue la carte émotionnelle en nous prédisant « si vous n’acceptez pas, ce sera pire… ». Le Conseiller fédéral Ueli Maurer a déjà menacé de lancer un programme d’économie de plusieurs milliards si le non l’emporte.

 Donc on veut nous faire croire que si nous nous n’acceptons pas d’octroyer des cadeaux fiscaux aux multinationales, et que nous imposions toutes les entreprises de la même manière, lesdites multinationales vont quitter notre pays, et lui faire perdre des milliards de francs et des milliers d’emplois. Continuer la lecture